Le congé mat'
Gros plan tendre d’un nouveau-né agrippant le doigt d’un adulte, évoquant la période suivant un congé maternité

Congé maternité, on démêle tout ça ensemble

Amandine Soron
Publié le par

Tu es enceinte et tu te poses mille questions sur le congé maternité ? Franchement, on te comprend ! Entre indemnisation, durée, conditions à remplir… Il y a beaucoup d’infos à connaître.

Si tu te sens perdue ou découragée à l’idée de t’y coller, cet article est fait pour toi !

Que tu sois salariée, fonctionnaire ou indépendante, que tu attendes un seul bébé ou des jumeaux… on a égrené un max de situations pour que tu t’y retrouves !

C’est promis, tout, tout, tout, tu sauras tout sur le congé maternité 🎶😅


Schéma clair expliquant le congé maternité en France avec répartition des semaines prénatales et postnatales

Les bases du congé maternité : durée, calculs et conditions

Combien de temps dure un congé maternité ?

Avant toute chose, on va poser les bases du congé maternité, et t’expliquer de quoi il s’agit précisément 🤔

Sache qu’il se compose de 2 périodes :

  • La période prénatale (avant l’accouchement)
  • La période postnatale (après l’accouchement)

Ensemble, elles forment le fameux congé maternité. 

Et maintenant, une question ô combien importante : sa durée ! Figure-toi qu’elle dépend du nombre d’enfants que tu attends et de ceux que tu as déjà à charge.

Voyons ça concrètement 👇

Tu attends ton premier ou ton deuxième enfant ?

Ton congé maternité sera de 16 semaines : 

  • 6 semaines de congé prénatal
  • 10 semaines de congé postnatal

Tu vas donner naissance à ton troisième enfant (ou ton quatrième, ou peut-être même… ton cinquième 😃) ?

Dans ce cas, comme tu as déjà au moins deux enfants à charge, ton congé maternité sera plus long. Au total, il s’élèvera à 26 semaines : 

  • 8 semaines de congé prénatal
  • 18 semaines de congé postnatal

💡 Bon à savoir : Si ta grossesse se passe bien, tu peux demander à réduire ton congé prénatal pour allonger ton congé postnatal. L’intérêt ? Profiter davantage de ton bébé quand il sera né !

Pour cela, il faut :

  • Obtenir l’accord de ton gynéco ou de ta sage-femme. Il te fournira un certificat médical attestant que tu peux continuer à exercer ton activité professionnelle
  • Respecter la durée légale du report : tu peux repousser le début de ton congé maternité de maximum trois semaines 
  • Envoyer une demande à ta CPAM ou MSA 

Allez, on te donne un petit exemple : 

Si tu attends ton premier enfant, tu as droit à 6 semaines de congés avant l’accouchement et 10 semaines après. Mais, si tu reportes de 3 semaines ton congé prénatal, alors tu auras 3 semaines de congé avant l’accouchement et 13 semaines après. 

  • Au final, tu bénéficies bien de tes 16 semaines de congé maternité. C’est juste que tu décides de les répartir différemment 😉

Congé maternité pour jumeaux ou après grossesse multiple : qu’est-ce qui change ? 

Si ta famille va s’agrandir de plusieurs nouveaux-nés, ton congé maternité sera beaucoup plus long que pour une grossesse simple. Et c’est bien normal : ton corps a besoin de récupérer après cette aventure hors du commun !

Si tu attends des jumeaux, ton congé maternité sera de 34 semaines : 

  • 12 semaines de congé prénatal
  • 22 semaines de congé postnatal

Si tu accouches de triplés ou plus, tu as un congé de 46 semaines : 

  • 24 semaines de congé prénatal
  • 22 semaines de congé postnatal

Comment sera calculé ton salaire pendant ces semaines off ?

Si tu es salariée en CDI, la CPAM te versera des indemnités journalières tous les 14 jours pendant toute la durée de ton congé maternité.

Pour calculer le montant exact de ton indemnisation, la Sécurité sociale se base sur tes 3 derniers mois de salaire avant ton départ en congé maternité.

Concrètement, elle additionne les 3 montants bruts, puis divise cette somme par 91,25. Le résultat obtenu correspond au montant de ton indemnité journalière (promis, on s’arrête là pour les maths 😅)

Par contre, sache que l’indemnité est plafonnée. Elle ne peut pas dépasser 101,94 € par jour (au 01/01/2025) ni être inférieure à 11,02 € (au 01/01/2025).

💡 Bon à savoir : La Sécurité sociale met à ta disposition un simulateur pour t’aider à y voir plus clair. Ça peut être pas mal d’y jeter un coup d’œil si tu veux anticiper 😉

Et pour compléter, découvre notre guide sur les aides et primes à la naissance pour anticiper ton budget à l’arrivée de ton bébé ! 

Quelles sont les conditions pour toucher les indemnités maternité ?

Pour être indemnisée pendant ton congé maternité, la première condition est que tu sois affiliée à la Sécurité sociale depuis au moins 6 mois.

Tu te doutes bien qu’il y a une seconde condition, hein ? 😜

Il s’agit (tout simplement) de te trouver dans une seule de ces situations : 

  • Tu dois avoir travaillé au moins l’équivalent d’un tiers-temps

C’est à dire, avoir travaillé minimum 150 heures dans les 3 derniers mois avant ton congé maternité.

  • Ou, tu dois avoir travaillé au titre d’un ou plusieurs CDD, en intérim ou dans le cadre d’activité saisonnière ou discontinue

Cette condition est remplie si tu as effectué au moins 600 heures au cours de l’année précédant le début de ton arrêt.

  • Ou, tu as cotisé pendant les 6 mois précédant la date de ton congé sur la base d’un salaire minimum au moins égal à 1015 fois la valeur du SMIC horaire
  • Ou, tu as cotisé au cours de l’année précédant ton congé maternité sur la base d’un salaire au moins égal à 2030 fois le montant du SMIC horaire 

Bon, on te l’accorde, c’est technique ! On espère juste ne pas t’avoir causé un mal de tête au passage 😅

La bonne nouvelle dans tout ce jargon ? Si, si il y en a une. C’est que tu n’as AUCUNE formalité à réaliser de ton côté !!!

C’est ton employeur qui va s’y coller. Il enverra une attestation de salaire à la CPAM quand ton congé prénatal commencera. Puis, l’Assurance Maladie vérifiera que tu remplis bien les conditions et calculera le montant de tes indemnités journalières. 

Tu n’es pas salariée en CDI ?

En CDD ou en intérim : tes droits sont les mêmes (ouf 😌)

On tient à te rassurer immédiatement : si tu es en CDD ou intérimaire, tu auras les mêmes droits que si tu étais en CDI !

Durée du congé maternité, calcul des indemnités journalières, modalités de paiement par la CPAM, et conditions à remplir auprès de la Sécurité sociale : rien ne change.

C’est pourquoi on t’invite à lire tout ce qui se trouve juste au-dessus ☝️

Auto-entrepreneuse ou freelance : le congé mat’ version indépendante

Si tu gères ta propre entreprise, la durée de ton congé maternité est identique à celle d’une salariée. Mais, si, pour des raisons liées à l’organisation de ta boîte, tu préfères le raccourcir, tu en as le droit. 

Les conditions à remplir pour bénéficier de ton congé maternité sont les suivantes : 

  • Être affiliée à la Sécurité sociale depuis 6 mois minimum à la date prévue de ton accouchement
  • Cesser de travailler pendant la période d’indemnisation (au moins 8 semaines, dont 6 après la naissance)

Sache que l’indemnisation de ton congé maternité différera de celle d’une salariée.

Il existe deux allocations que tu pourras cumuler : 

  • L’allocation forfaitaire de repos maternel
  • Les indemnités journalières

👀 Focus sur l’allocation forfaitaire : Elle est payée en deux fois. Une première partie est versée à la fin du 7e mois de grossesse, et la seconde, après l’accouchement.

Son montant est de 3 925,00 € au 01/01/2025.

⚠️ Attention : Pour percevoir la totalité de cette aide, il faut que tes ressources dépassent un certain seuil. Concrètement, si ton revenu d’activité annuel moyen des 3 dernières années est inférieur à 4383,20 €, tu ne toucheras que 10 % de cette allocation.

👀 Zoom sur les indemnités journalières : Leur montant dépend des sommes que tu as cotisées auprès de l’URSSAF. Mais, quoi qu’il en soit, cette indemnité est plafonnée. Au maximum, elle ne peut pas dépasser 64,52 € par jour au 01/01/2025.

⚠️ Attention : Une fois de plus, si ton chiffre d’affaires est bas, l’indemnité sera réduite. En clair, si ton revenu annuel moyen des 3 dernières années est inférieur à 10 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale, ton indemnité journalière sera de 6,45 €.

Pour cela, fais une « demande de réétude de dossier » en ligne 😉

Dans la fonction publique : les petites différences à connaître

Si tu travailles dans la fonction publique, note que le congé maternité est accordé sans condition d’ancienneté. Dès lors que tu es en activité, sa durée est identique à celle prévue pour les salariées. 

La différence majeure avec le privé concerne ton mode d’indemnisation. Pas d’indemnités journalières pour toi : ton traitement est maintenu. Cela signifie que tu perçois l’intégralité de ton salaire pendant toute la période de ton absence. Tu continues également à toucher ton indemnité de résidence et ton supplément familial de traitement si tu en bénéficiais avant ta grossesse.

Tu l’as compris, c’est ton employeur qui gère ton congé maternité en interne. Pour être indemnisée, il te suffit d’aviser le service des ressources humaines de ton administration. Tu as juste à leur envoyer le formulaire du premier examen médical prénatal établi par ton professionnel de santé. Ce document te permettra aussi d’informer la CAF de ta grossesse 😉

📝 À ne pas oublier : pense à prévenir ton régime d’assurance maladie. Même s’il ne gère pas ton indemnisation, il s’occupe de tout le suivi médical.

Les situations particulières (parce que toutes les grossesses ne se ressemblent pas)

Grossesse pathologique : comment prolonger ton congé avant le jour J

Si ton médecin estime que ton état de santé ne te permet plus de travailler avant le début du congé maternité, il peut te prescrire un congé pathologique. Cet arrêt peut être conseillé en cas de grosse fatigue, de menace d’accouchement prématuré ou de complications liées à la grossesse.

L’idée ? Lever le pied et te reposer pour prendre soin de toi et de ton bébé ❤️

En pratique, ce congé est d’une durée maximale de 2 semaines. Et côté finances, pas de stress : tu recevras des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale 😉

Bébé prématuré ou hospitalisé : tes droits à un congé adapté

Si ton bébé naît plus tôt que prévu, on tient à te rassurer tout de suite : la durée totale du congé maternité n’est pas réduite !

Si tu accouches moins de 6 semaines avant le terme, la période de congé prénatal non prise est automatiquement ajoutée en postnatal.

Par contre, si tu accouches plus de 6 semaines avant le terme, et que ton petit doit être hospitalisé, tu as droit à une prolongation de ton congé maternité.

Concrètement, cet allongement correspond au nombre de jours compris entre la date de naissance de ton bébé et la date de début de ton congé maternité. Cette période est indemnisée par la Sécurité sociale si ton nouveau-né est hospitalisé en néonatalogie. Pour en bénéficier, il te suffit d’envoyer à la CPAM un bulletin d’hospitalisation.

Enfin, si ton petit doit rester hospitalisé plus de 6 semaines après sa naissance, tu peux décider d’interrompre ton congé maternité. L’intérêt c’est de garder ton congé postnatal pour que tu puisses profiter de ton bébé pleinement quand il sera de retour à la maison.

Pour cela, rapproche-toi de ton assurance maladie pour leur fournir les documents liés à l’hospitalisation de ton bébé et leur préciser les dates du report. 

Alitement, complications : ce qu’il faut faire

En cas de complications pendant ta grossesse, ton médecin peut décider de te prescrire un arrêt maladie. La Sécurité sociale te verse alors des indemnités journalières pour te permettre de te reposer sereinement. 

Rassure-toi : les arrêts maladie n’ont pas d’impact sur la durée de ton congé maternité. Il débutera bel et bien aux dates prévues 😉

Tes démarches, étape par étape

Quand et comment déclarer ta grossesse ?

Lorsque tu as effectué le premier examen prénatal auprès de ton professionnel de santé, tu dois en informer la Sécurité sociale. Cela te permettra de bénéficier de la prise en charge de ta grossesse au titre de l’assurance maternité 😉

Cette déclaration peut être réalisée de 2 manières : 

  • Soit ton praticien réalise la déclaration en ligne, à ta place, en la télétransmettant directement à ton assurance maladie. Et dans ce cas, tu n’as rien à faire !
  • Soit ton médecin remplit un formulaire intitulé « premier examen médical prénatal » et te le remet. Tu devras compléter la partie qui te concerne et envoyer un volet à ton assurance maladie et les deux autres à la CAF. 

Quelques semaines plus tard, la Sécurité sociale t’enverra par courrier ton calendrier de congé maternité et les rendez-vous médicaux à ne pas manquer.

📝 À ne pas oublier : pense à mettre ta carte vitale à jour à réception de ce courrier 😉

Prévenir ton employeur : quoi dire, quand le faire ?

Tu te demandes certainement à quel moment révéler ta grossesse à ton employeur. Légalement parlant, tu n’as aucune obligation de le faire. Tu peux donc lui en parler quand tu le souhaites.

Évidemment, au fur et à mesure de ta grossesse, ton ventre va grossir, et il deviendra difficile de garder le secret. Si tu veux un point de repère, la majorité des femmes attendent la fameuse échographie du premier trimestre pour en parler 😉

Aucun formalisme non plus n’est imposé. Fournis juste à ton employeur un certificat médical pour attester de ton état.

Une fois que ton employeur sera averti, tu pourras bénéficier d’avantages liés à ta grossesse. Par exemple, des autorisations d’absences pour rendez-vous médicaux ou une restriction de ton temps de travail.

Et tout ça, c’est tellement appréciable !!!

💡 Bon à savoir : Même si tu n’es pas obligée d’avertir ton employeur, tu devras cependant l’informer de ton départ en congé maternité. 

Ce qu’il faut savoir pour être tranquille

Peut-on te licencier pendant ton congé ?

🚨 Spoiler alert : Non, ton employeur ne peut pas te licencier !

Pendant toute la durée de ton congé maternité, et les congés pris juste après, tu bénéficies d’une protection absolue contre le licenciement. Très concrètement, cela signifie que ton employeur ne peut pas rompre ton contrat de travail, quel qu’en soit le motif.

💡 Bon à savoir : Comme on te le disait, la loi ne t’oblige pas à lui annoncer ta grossesse. Mais, dès que tu le fais, tu bénéficies immédiatement d’une protection contre le licenciement. 

Tes congés payés pendant la maternité : comment ça marche ?

Pendant la maternité, ton contrat de travail est suspendu. Cette période compte carrément comme du temps de travail effectif. La bonne nouvelle ? Tu continues à acquérir tes congés payés (et ton ancienneté !) normalement 😃

Par contre, attention à ne pas confondre congés payés et RTT !

Pendant ton congé maternité, tu ne travailles pas, il est logique que tu ne cumules pas de RTT. Qui, comme leur nom l’indique, sont une « réduction du temps de travail ».

💡 Bon à savoir : Les congés payés que tu n’aurais pas pris avant ton départ en congé maternité ne sont pas perdus. Tu pourras les prendre à ton retour. Et ce, même si la période de prise de congés dans ton entreprise est expirée 😉

Après le congé maternité : tes options

Tu veux rester plus longtemps avec bébé ? Mode d’emploi du congé parental

Si tu veux arrêter de travailler pour te consacrer à ton bébé, la solution, c’est le congé parental. Pour en bénéficier, il faut juste que tu aies au moins 1 an d’ancienneté dans ton entreprise.

⏱️ Tu te demandes certainement quelle est la durée de ce congé ? Il est accordé pour un an. Mais, si tu le souhaites, il peut être prolongé 2 fois, jusqu’aux 3 ans de ton enfant.

Lorsqu’il prend fin, tu retrouves ton emploi.

💰 Et côté finances ? Pendant cette période, tu ne recevras pas de salaire. Mais, la CAF peut te verser la PreParE à hauteur de 456,06 € par mois.

Si tu veux franchir le pas, tu dois simplement informer ton employeur par lettre recommandée avec accusé de réception. En fonction de ta situation, fais-lui part de ta demande : 

  • soit 1 mois avant la fin de ton congé maternité
  • soit 2 mois avant le début de ton congé parental

💡 Bon à savoir : Le congé parental est un droit. Ton employeur ne peut pas refuser ta demande 😉

Reprendre à temps partiel ? C’est négociable !

Si tu souhaites retrouver le chemin du travail, tout en réduisant le rythme, c’est possible. Grâce au congé parental à temps partiel !

Durée, formalités, ancienneté… toutes les conditions sont exactement les mêmes que celles expliquées juste au-dessus ☝️

Tu dois simplement savoir que la durée minimale de ton travail à temps partiel doit être de 16 heures par semaine. Côté organisation, la répartition de tes jours et tes horaires se négocient directement avec ton employeur !

Désormais, le congé maternité n’a plus aucun secret pour toi ! Tu as toutes les infos pour profiter pleinement de ce moment unique… en attendant ton bébé 💛

Pour être prête le jour J, on te conseille de jeter un œil à notre checklist dédiée à la valise de maternité maman et bébé. 😉