
Milk blues, quand la fin de l’allaitement et le sevrage déprime les mères

On parle de plus en plus du baby blues et de la dépression post-partum. Mais il existe une autre déprime, moins connue, qui frappe au moment où on l’attend le moins.
Le millk blues ou déprime post-allaitement, c’est la profonde tristesse que tu peux ressentir à l’arrêt de l’allaitement.
Si c’est ton cas, sache que tu n’es pas seule. De nombreuses femmes allaitantes passent par cette phase.
On t’explique ce qu’est le milk blues et comment faire pour vivre au mieux cette étape particulière.
Pourquoi la fin de l’allaitement déprime les mamans ?
Le sevrage de bébé peut intervenir à des âges différents et dans diverses situations. Pourtant, la déprime post-allaitement semble toucher de nombreuses mamans.
Voici quelques éléments qui permettent de mieux comprendre pourquoi la fin de l’allaitement entraîne une déprime.

Où sont passées les hormones du bonheur ?
La prolactine et l’ocytocine jouent un rôle clé dans l’allaitement. C’est d’ailleurs l’ocytocine, l’hormone du bonheur, du bien-être et de l’attachement, qui te détend au point de te donner envie de dormir pendant la tétée 🥱
Quand l’allaitement s’arrête, leur production chute d’un coup. Alors, avoir le moral dans les chaussettes, dans ce contexte, c’est parfaitement normal.
Quand sevrage rime avec retour de couches
Même si ce n’est pas le cas pour toutes les femmes, le sevrage peut provoquer le retour de couches.
Et qui dit retour des règles, dit pour certaines, retour des changements d’humeur liés au cycle menstruel et ses variations hormonales… Ça ne t’avait pas manqué, n’est-ce pas ?!
La fin des seins nourriciers

Ta poitrine, qui jusqu’alors nourrissait ton bébé se vide, et perd en volume. Certaines mamans allaitantes retrouvent une forme proche de celle d’avant bébé, et d’autres le vivent comme une véritable transformation.
Si ton allaitement s’arrête brusquement, tu peux aussi être confrontée à des engorgements, voire des mastites, et les changements de volume peuvent faire apparaître des vergetures. En bref, une vraie joie…
Tous ces changements physiques peuvent être difficiles à vivre et il te faudra peut-être du temps pour réapprendre à aimer tes seins 🫶🏻
Transformation de la relation avec bébé
L’allaitement crée une proximité intense, presque fusionnelle avec son bébé (même si le biberon n’empêche absolument pas cette fusion 😉).
Arrêter de donner le sein à son bébé peut donner l’impression de perdre ce lien si particulier, de devenir « moins nécessaire ».
On t’arrête tout de suite. Allaitement ou pas, tu restes une figure d’attachement essentielle, et ton bébé a toujours autant besoin de toi !
Dans quelles situations le milk blues peut-il survenir ?
Il existe différents types de sevrages, selon l’âge de ton enfant et la situation dans laquelle il se déroule. Tu peux être plus ou moins touchée par le milk blues en fonction de la fin de l’allaitement que tu vis.

Arrêt précoce de l’allaitement
Douleurs, crevasses, bébé qui ne prend pas assez de poids : beaucoup d’allaitements s’arrêtent tôt faute du bon soutiein au bon moment. Le sentiment d’échec qui en découle peut être violent : un milk blues dans toute sa splendeur !
Après un accouchement compliqué, malgré la fatigue, j’ai voulu allaiter mon fils. La tétée d’accueil a vraiment été un moment magique pour moi. Mais très vite, dès la maternité, j’ai eu des douleurs et des crevasses.
Olivia
Malgré tout, j’ai persisté, car je voulais vraiment donner le sein à mon bébé. Les deux premières semaines ont été très difficiles, entre le manque de sommeil et les douleurs liées à l’allaitement.
Au cours de l’examen de la deuxième semaine de vie, on s’est rendu compte qu’il n’avait pris que très peu de poids, j’ai donc préféré passer au lait artificiel.
J’ai beaucoup pleuré en lui donnant le biberon, car je me sens coupable de ne pas avoir réussir à le nourrir de mon lait. C’est difficile pour moi d’accepter cette situation, je me sens en échec. Je ressens une profonde tristesse et j’espère qu’elle s’atténuera avec le temps…
Arrêt brutal de l’allaitement
Il arrive que certains bébés arrêtent de téter du jour au lendemain. Ton bébé refuse complètement le sein et impossible de lui donner malgré différents subterfuges. Cela s’appelle une grève de tétée et peut être provoquée par différents facteurs.
Cette situation peut être très difficile à vivre pour la maman qui ne comprend pas pourquoi bébé ne veut plus le sein.
Après 8 mois et demi d’allaitement, j’ai vécu un sevrage induit involontaire. Alors que j’avais une gastro-entérite assez fulgurante, j’ai donné le sein à ma fille. Il y a eu une tétée qui s’est particulièrement mal passée puisque je me sentais très mal. Suite à cela, elle n’a plus jamais voulu téter.
Audrey
Je pensais que c’était une grève de tétée temporaire, j’ai donc essayé de la remettre au sein de différentes manières en suivant les conseils de ma conseillère en lactation IBCLC. Malheureusement, rien n’a fonctionné, elle n’a plus jamais voulu prendre le sein.
Avec la fin de l’allaitement, j’ai été obligée de lui donner du lait artificiel, mais elle n’acceptait pas le biberon, j’ai donc dû lui donner du lait à la cuillère.
À ce moment-là, j’ai vécu un vrai milk blues. J’étais très mal en point, je ressentais un manque horrible, une tristesse profonde et je me suis sentie rejetée par ma fille. Ça a bien duré 3 semaines, comme une sorte de mini dépression, le temps que j’accepte la fin de l’allaitement. Heureusement, j’ai eu beaucoup de soutien de la part de ma maman qui s’était renseignée et comprenait ce que je vivais. Maintenant, je ne pleure plus, mais je suis toujours très nostalgique de cette période.
Sevrage subi

Le sevrage peut aussi être mal vécu lorsque la maman est contrainte de sevrer son bébé alors qu’elle n’en a pas envie. Cela peut arriver dans différentes situations, comme :
- un traitement médical nécessitant la fin de l’allaitement
- la reprise du travail avec l’impossibilité de tirer son lait
Dans ce cas, faire le deuil de l’allaitement peut être compliqué et donner le biberon à ton bébé est un crève-cœur…
Lorsque le sevrage intervient indépendamment de ta volonté, tu peux ressentir de la frustration et du chagrin, voire de la colère.
👉🏼 Petit tips : tu peux vérifier ou demander au corps médical de vérifier sur le site du CRAT (centre de référence sur les agents tératogènes) la compatibilité d’un traitement médicamenteux avec l’allaitement.
Sevrage en cas de grossesse
Continuer à allaiter enceinte, c’est possible !! Mais il arrive que ton bébé se sèvre de lui-même, à cause du changement de goût du lait ou d’une baisse de production.
Fin de l’allaitement + hormones de grossesse, c’est le cocktail qui peut vite chambouler ton moral…
Sevrage planifié
Si tu as choisi d’arrêter quelles qu’en soient les raisons et que tu te sens vraiment prête, le milk blues t’épargnera probablement.
Une pointe de nostalgie reste possible, mais mêlée à la fierté d’avoir mené ton projet à terme, c’est un grain de sable ✨
Le sevrage naturel
On parle de sevrage naturel quand l’enfant s’arrête de téter de lui-même, entre 2 ans et 7 ans (en moyenne) sans qu’il y ait d’autres raisons (grève de tétée, confusion…).
Ce type de sevrage est souvent progressif, et bien qu’il soit attendu, ce moment peut te toucher.
J’ai allaité ma fille pendant 4 ans. Au bout de trois ans d’allaitement, je disais à qui voulait l’entendre que j’avais hâte que ça se termine. Pourtant, je ne voulais absolument pas empêcher ma fille de téter, car je voyais bien qu’elle en avait encore besoin, plus au niveau affectif et émotionnel que nutritif, évidemment.
Mélina
Quand je me suis rendu compte que cela faisait plusieurs jours qu’elle n’avait pas demandé à téter, je n’ai pu m’empêcher de pleurer. Mon bébé est devenu grand et la fin de l’allaitement rend cela encore plus réel. Pour moi, c’était la fin d’une aventure qui me tenait vraiment à cœur. La tristesse est vite passée, laissant place à un profond sentiment de fierté.
Comment mieux vivre la fin de l’allaitement ?

Maintenant que tu en sais plus sur le milk bues, voici quelques pistes pour adoucir la fin de ton allaitement autant que possible.
Fais-toi accompagner en cas de difficultés
Si tu as du mal à mettre fin à l’allaitement ou que des problèmes surviennent, n’hésite pas à te faire accompagner par une conseillère en lactation IBCLC.
Elle pourra t’aider à traverser les obstacles, et même si ça ne suffit pas, tu sauras que tu as fait de ton mieux.
Fais valoir tes droits pour l’allaitement au travail
Beaucoup de femmes arrêtent d’allaiter pour reprendre le chemin du travail sans savoir qu’elles ont des droits. D’après le Code du travail, tu as droit à une heure par jour pour allaiter ton enfant jusqu’à son premier anniversaire. Tu peux :
- allaiter ton enfant sur son lieu de garde
- allaiter ton enfant sur ton lieu de travail
- avoir une heure pour tirer ton lait
L’article L1225-32 précise même que « Tout employeur employant plus de cent salariées peut être mis en demeure d’installer dans son établissement ou à proximité des locaux dédiés à l’allaitement. »
Dans les faits, il n’est pas toujours facile d’appliquer cela, mais si tu souhaites allaiter après ton congé maternité, n’hésites pas à en discuter avec ton employeur.
Créez de nouveaux moments fusionnels avec ton bébé

Pour faire évoluer ta relation avec ton enfant une fois l’allaitement terminé, essaye de trouver d’autres moments de complicité qui remplaceront l’allaitement.
Câlins, portage,promenades, jeux… : autant de façons de recréer de la proximité une fois l’allaitement terminé.
➡️ 8 pistes pour rendre heureux son bébé 🤍
Sois indulgente avec toi-même !
Ok, c’est plus facile à dire qu’à faire… La maternité est TOUT sauf un long fleuve tranquille et les raisons de culpabiliser sont nombreuses. Le plus important, c’est de faire de ton mieux et de répondre aux besoins de ton enfant, allaitement ou pas.
Si cette tristesse persiste ou devient trop lourde à porter, n’hésite pas à en parler à un professionnel de santé. Une maman qui va bien, physiquement et mentalement, c’est aussi ce qu’il y a de plus important pour ton bébé 🤍
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